Le contexte historique entourant cette émission est exceptionnel. Alors que Louis XVIII est contraint à l’exil à Gand lors du retour de Napoléon au pouvoir, les puissances coalisées préparent la chute définitive de l’Empereur. En vertu d’un décret daté du 10 mai 1815, 871 581 pièces de vingt francs furent frappées par la Monnaie royale de Londres. L’objectif stratégique est de disposer de numéraire français afin de faciliter le paiement des troupes alliées placées sous le commandement du duc de Wellington, et ainsi de favoriser les échanges dans une France en plein conflit. Bien que frappées officiellement au nom du roi, ces pièces sont réalisées en dehors du territoire national et sans l’aval des autorités françaises en place à Paris, ce qui leur confère un statut d’émission « illégale » au regard de la souveraineté monétaire.
Sur le plan technique, ces exemplaires respectent les caractéristiques pondérales et dimensionnelles du type « buste habillé » en vigueur dans le système monétaire français de l’époque. Cependant, leur rareté actuelle s’explique par le fait qu’une grande partie de ce tirage fut retirée de la circulation et refondue. La présence de la lettre d’atelier « R » permet d’identifier formellement cette origine londonienne.