La période allant de 1867 à 1914 constitue une phase de profondes transformations pour l'Empire russe. Sous le règne d'Alexandre II, l'Empire connaît d'importantes réformes destinées à moderniser l'État, dont la plus marquante est l'abolition du servage en 1861. D'autres mesures touchent l'administration, la justice, l'armée et les collectivités locales. L'assassinat du souverain en 1881 marque un changement d'orientation politique : son successeur, Alexandre III, renforce l'autocratie et mène une politique de centralisation ainsi que de russification dans plusieurs régions de l'Empire.
Lorsque Nicolas II accède au trône en 1894, il hérite d'un État en pleine industrialisation, mais confronté à de fortes tensions sociales, économiques et politiques. La défaite face au Japon lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905 provoque une crise majeure, qui débouche sur la Révolution de 1905. Celle-ci contraint le pouvoir impérial à créer une Douma d'État et à accorder certaines réformes, sans pour autant remettre en cause le caractère autocratique du régime.
Saint-Pétersbourg, capitale impériale jusqu'en 1914, demeure alors le principal centre politique, administratif, économique et culturel du pays. À la veille de la Première Guerre mondiale, l'Empire russe apparaît comme une grande puissance en pleine mutation, mais fragilisée par des tensions internes persistantes et par les rivalités internationales, notamment dans les Balkans, où s'affrontent les intérêts des principales puissances européennes.