Avers : LVCILLAE AVG - ANTONINI AVG F
Revers : V-E-NVS / S C
Le contexte historique de cette émission se situe sous le règne conjoint de Marc Aurèle et de Lucius Verus, une période marquée par la mise en place et le fonctionnement d’une corégence impériale dans la continuité dynastique antonine. Le mariage de Lucille avec Lucius Verus en 164 s’inscrit dans une logique d’alliances dynastiques visant à renforcer la cohésion du pouvoir impérial, dans un contexte de tensions sur les frontières orientales liées aux conflits avec l’Empire parthe.
La figure de Venus sur le revers ne relève pas d’une divinisation directe de Lucille, mais participe à une association symbolique entre la famille impériale et les valeurs de fécondité, d’harmonie et de continuité dynastique. Elle contribue ainsi à inscrire l’impératrice dans un univers idéologique valorisant la stabilité du lignage impérial et la prospérité de l’État. Cette iconographie s’inscrit dans une communication politique où les impératrices jouent un rôle important dans la représentation de la cohésion dynastique.
Par ailleurs, cette période est marquée par la guerre parthique menée sous le commandement de Lucius Verus, ainsi que par les premières manifestations de ce que l’historiographie appelle la peste antonine, dont les effets auront des conséquences durables sur l’Empire. L’émission monétaire participe ainsi à la diffusion d’une image de stabilité et de continuité dynastique, mobilisant la symbolique mythologique pour affirmer la solidité du pouvoir impérial face aux tensions militaires et aux incertitudes sanitaires.