Cette dénomination spécifique demeure rare et est potentiellement attribuée à un atelier monétaire situé dans la région du Cachemire.
L’avers de la pièce se distingue par une iconographie singulière illustrant un cornac perché sur le dos d’un éléphant, une représentation caractéristique de l’imagerie royale kouchane valorisant la puissance et la maîtrise de la faune locale. Sur le revers, le motif figure la divinité Athsho. Identifiée comme le dieu du feu et de la métallurgie dans le panthéon kouchan, cette divinité souligne l’importance des cultes liés aux arts du feu et aux ressources minières de l’époque, essentiels à la production monétaire de l’État.
Le règne d’Huvishka, qui s’étend approximativement de 159 à 195 après J.-C., correspond à une période de consolidation et de prospérité pour l’Empire kouchan, succédant à l’apogée atteinte sous Kanishka Ier. Véritable carrefour de civilisations entre l’Inde, la Chine et le monde hellénistique, l’Empire maintenait une stabilité favorisant le commerce transcontinental le long de la Route de la Soie. Huvishka poursuivit une politique d’ouverture religieuse en intégrant des divinités grecques, iraniennes et indiennes sur ses monnaies, reflétant ainsi la diversité culturelle et le syncrétisme caractérisant son administration. Les relations avec les puissances voisines, notamment l’Empire parthe et les territoires de l’Inde centrale, étaient marquées par des échanges diplomatiques et économiques constants. La production monétaire, riche en variétés iconographiques, servait alors d’instrument de communication impériale à travers les vastes territoires sous domination, permettant d’affirmer la légitimité du souverain ainsi que la puissance matérielle de son administration.