Le règne de François-Joseph Ier, débuté en 1848, traverse une période de profondes transformations pour la double monarchie austro-hongroise, notamment à la suite du Compromis de 1867, qui instaure une dualité institutionnelle entre l’Autriche et la Hongrie. La réforme monétaire de 1892, marquée par l’abandon de l’étalon-argent au profit de l’étalon-or, constitue une étape importante dans l’intégration financière de l’Empire au sein du système économique européen de la Belle Époque.
Si le royaume de Hongrie connaît une phase de modernisation industrielle et agricole, il reste confronté à de fortes tensions internes liées aux revendications nationalistes des différentes minorités. Sur le plan international, sa diplomatie demeure étroitement liée à celle de l’Autriche, au sein de la double monarchie, notamment dans le cadre de la Triple-Alliance. L’ensemble évolue dans un contexte de rivalités croissantes avec l’Empire russe et de fragilisation des équilibres balkaniques.
La période précédant la Première Guerre mondiale se caractérise ainsi par un contraste entre une stabilité apparente, soutenue par une administration structurée et une monnaie solide, et une instabilité de fond liée aux blocages politiques internes et aux tensions avec les puissances voisines, annonçant le déclin de l’influence des Habsbourg en Europe centrale.