Ce follis de bronze a été frappé dans la 5e Officine de Constantinople entre 565 et 568 sous le règne de Justin II et de son épouse Sophie. Cette pièce présente une surfrappe d'un follis antérieur, une pratique attestée dans la numismatique byzantine, permettant de réutiliser le métal en circulation pour répondre aux besoins monétaires.
Le règne de Justin II fut marqué par des tensions croissantes aux frontières de l’Empire. Sur le front oriental, les relations avec l’Empire sassanide se détériorèrent rapidement, notamment après la décision impériale de cesser le versement du tribut annuel, ce qui contribua au déclenchement d’un conflit en Mésopotamie et en Arménie à partir de 572. Ces guerres mirent à rude épreuve les finances impériales.
Sur le front occidental, l’Empire dut faire face à l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, entraînant une perte rapide de territoires. Dans ce contexte de pressions militaires et économiques, le recours ponctuel à la surfrappe peut être interprété comme un moyen pragmatique de maintenir la production monétaire et la circulation fiduciaire.