La période comprise entre 1893 et 1901 correspond aux dernières années du règne de la reine Victoria, une ère de transformation profonde pour le Royaume-Uni. À l’aube du XXe siècle, la nation demeure la première puissance industrielle et coloniale mondiale, bien que son hégémonie soit progressivement contestée par l’essor économique et technologique de l’Allemagne et des États-Unis.
La société britannique est alors fortement marquée par la seconde révolution industrielle, avec le développement rapide des réseaux ferroviaires et des communications télégraphiques. Sur le plan diplomatique, le pays privilégie une politique de « splendide isolement », tout en gérant les tensions liées à son vaste empire, notamment en Afrique australe avec la seconde guerre des Boers déclenchée en 1899.
La stabilité institutionnelle sous la couronne victorienne masque toutefois des mutations sociales importantes, avec l’essor des mouvements ouvriers et le renforcement des revendications en faveur du droit de vote. La mort de la reine en 1901 met fin à une période de profondes transformations et ouvre la voie à l’époque édouardienne, dans un contexte international en mutation.