Double frappe au revers.
L’avers de cette monnaie présente une tête stylisée, souvent qualifiée de « cubiste » par les numismates en raison de son traitement géométrique et schématique. Cette représentation illustre l’évolution de l’art monétaire gaulois, qui s’éloigne progressivement du réalisme des modèles grecs dont il est issu. Les traits du visage sont simplifiés et recomposés selon des conventions propres aux graveurs celtiques, conférant à l’ensemble une forte originalité stylistique.
Cette émission en argent s’inscrit dans la tradition monétaire du sud de la Gaule, fortement influencée par les frappes massaliotes dont la circulation était largement répandue dans la région. Les ateliers gaulois ont progressivement développé leurs propres types monétaires tout en conservant certains éléments hérités de ces prototypes grecs.
Les Volques Tectosages occupaient un territoire centré sur la région de Tolosa (Toulouse), à un carrefour stratégique entre le monde méditerranéen et l’intérieur de la Gaule. Dès le IIe siècle avant J.-C., leur région entre progressivement dans l’orbite romaine après la conquête de la Gaule méridionale et la création de la province de Gaule narbonnaise. Tolosa était réputée dans l’Antiquité pour sa prospérité et pour les richesses associées à ses sanctuaires, mentionnées par plusieurs auteurs anciens.
À l’époque de cette monnaie, les structures politiques et économiques gauloises demeurent largement actives, mais elles évoluent dans un contexte d’influence romaine croissante. Les échanges commerciaux, les pratiques monétaires et les rapports de pouvoir se transforment progressivement jusqu’à l’intégration définitive de la région au monde romain à la suite de la conquête de la Gaule par Jules César au milieu du Ier siècle avant J.-C.