Avers : ΠΕ-T / Ρ / O / C
Revers : + / KE BOI / OH TO ΔV / ΛOC OV T / ANKPI
Le follis, monnaie de cuivre héritée de la tradition byzantine, fut adopté et adapté par les nouveaux maîtres francs d'Antioche afin de répondre aux besoins de l'économie locale. Les émissions de Tancrède s'inscrivent dans une continuité iconographique et métrologique avec les monnayages byzantins antérieurs, tout en affirmant progressivement l'identité politique de la principauté d'Antioche, fondée à la suite de la Première Croisade.
Tancrède de Hauteville, neveu de Bohémond Ier d'Antioche, assuma la régence de la principauté d'Antioche à plusieurs reprises au début du XIIe siècle. Il gouverna notamment la principauté après la capture de Bohémond par les Danishmendides à la suite de la campagne de 1100, puis à nouveau lors des absences prolongées de ce dernier en Occident.
Administrateur énergique et chef militaire expérimenté, Tancrède s'attacha à renforcer les défenses de la principauté face aux puissances musulmanes voisines, en particulier les Artuqides et les Seldjoukides. Il poursuivit également une politique d'expansion territoriale, étendant l'influence d'Antioche en Syrie du Nord et en Cilicie. La prise de Lattaquié aux Byzantins en 1103 accentua les tensions avec l'Empire byzantin, qui continuait à revendiquer sa souveraineté sur Antioche conformément aux engagements pris lors de la Première Croisade.
Tancrède dut également composer avec les équilibres politiques complexes des États latins d'Orient, notamment dans ses relations avec le Comté d'Édesse. Les dernières années de son gouvernement furent marquées par une pression militaire croissante exercée par les puissances musulmanes de la région. Après la mort de Bohémond en 1111, il demeura le principal défenseur de la principauté face aux offensives menées sous l'autorité du sultan seldjoukide Muhammad Ier Tapar. À son décès en 1112, il laissa à son successeur un État solidement organisé et territorialement consolidé.