Refrappe de la 5e Officine de Constantinople d'un précédant follis.
Avers : InPεR - COnSt
Revers : A / N / A / M / II / I / ε / NεOS
L’attribution de cette émission fait l’objet d’un débat numismatique important. Traditionnellement rattachée à Constant II, cette monnaie portant la légende INPER CONST soulève plusieurs interrogations. Les follis émis sous Constant II durant les premières années de son règne présentent en effet une typologie relativement homogène, caractérisée à l’avers par une figure impériale debout accompagnée de l’inscription En touto nika et, au revers, par une marque de valeur en forme de « m ». L’apparition d’un type iconographique radicalement différent pour la seule troisième année de règne constitue une anomalie difficile à expliquer, d’autant que des follis datés de cette même année existent déjà selon le type En touto nika habituel.
Une attribution alternative à Héraclonas apparaît plus cohérente. Certains spécialistes ont toutefois objecté que les monnaies INPER CONST auraient été surfrappées sur des pièces du type En touto nika de Constant II, ce qui affaiblirait cette hypothèse. Un réexamen de plusieurs exemplaires semble cependant indiquer l’inverse : le type En touto nika aurait été frappé sur des monnaies INPER CONST préexistantes, ce qui inverserait l’ordre chronologique traditionnellement admis.
Héraclonas règne brièvement en 641, d’abord comme coempereur puis seul après la mort d’Héraclius Ier. Son gouvernement s’inscrit dans une période de profonde instabilité dynastique. L’Empire byzantin, affaibli par les longues guerres contre l’Empire sassanide, doit faire face à l’expansion rapide des armées arabes, qui ont déjà conquis une grande partie de la Syrie et menacent désormais l’Égypte. Constantinople demeure le centre du pouvoir impérial, mais la ville est alors traversée par d’importantes rivalités politiques et successorales au sein de la dynastie héraclienne.